_SYNESTHESIA

_Synesthesia est un projet déposé par Jeanne Morel et Paul Marlier, en partenariat avec l'Observatoire de l'Espace, le laboratoire Arts-Sciences du CNES, Air ZeroG, Novespace et le CNES de Paris.

La danse instinctive en micro-gravité repose sur la déconstruction d’un référentiel bas/haut, sur l’acceptation de la perte «d’un seul» centre de gravité, la recherche d’une nouvelle amorce de mouvement et le dessin d’un geste continu.

 

En 2G le corps interne (le sang et les organes) semblent compressés vers le « sol ». Il reste dans l’enveloppe corporelle comme une « place à prendre » pour le mouvement. Ce mouvement demande un effort jusqu’alors inconnu. Il est douloureux et se cantonne au geste nécessaire. 

 

En zéroG, le corps n’est plus ni enveloppe ni canal, il devient mouvement.

Il est la traduction instantanée d’un flux que, dans un espace de gravité, l’on imagine comme intime.

C’est un corps-espace, presque un corps astral.

On ressent -on imagine- un éclatement de toutes nos données terrestres dans un espace sur-dimensionné. 

 

Il y a dans la danse en micro-gravité une communion puissante entre espace interne et environnement. 

Le mouvement devient « liant ».. 

Il devient le langage de cette nouvelle mécanique. 

Il se traduit comme une combinaison du geste, de la grâce, des prouesses techniques et de la connexion à l’irrationnel. 

LE MOUVEMENT EN ZEROG

_Synesthésie est une étude générative du mouvement dansé en micro-pesanteur.

Paul Marlier et Jeanne Morel travaillent à bord de l'Airbus A 310 ZEROG. Ensemble, ils captent les données biométrique et le tracé du mouvement d’un corps en micro-gravité et cherchent à mettre en valeur «l’essence» de ce corps sans poids.

LE TRACÉ DU MOUVEMENT 

Les vecteurs dessinés par la danse peuvent être considérés comme la matrice d’une codification du mouvement en micro-pesanteur.

Le mouvement de Jeanne généré en vol est traduit en une succession de segments qui, en plus de symboliser le langage dansé sans gravité, deviennent partition. 

Une partition de danse en zéro-gravité potentiellement utile aux astronautes et chercheurs mais aussi au chorégraphe, au danseur, aux musiciens et techniciens du spectacle vivant.

Cette partition est une matrice pour une correspondance.

 

Les vecteurs déssinés par le corps dansé deviennent également un plan, un volume directement imprimable en 3 dimensions. 

Ce n'est plus le corps mais les "restes" du mouvement que l'on imprime.

A partir de cet immatériel devenu pérenne c'est un nouveau plan, un nouvel espace presque fractal utile aux recherches architecturales.

 

Au dela du tracé vectoriel et de la matérialisation du mouvement dansé,  la technologie rend possible la sublimation des phénomènes physiques engendrés par l’émotion. 

Lors de leur dernier vol, Jeanne Morel et Paul Marlier sont partis munis de casques de captation cérébrale. Ils cherchent quel est l'impact du mouvement dansé en zéro-gravité sur le cerveau humain et quelles sont les différentes zones activées par la danseur lorsqu'il est en vol. 

Le dessin généré par les battements de coeur de Jeanne en vol / octobre 2016

Analyse du mouvement par Paul Marlier lors du premier vol de Jeanne Morel

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